Analyser un sol : les méthodes simples pour comprendre la qualité de votre terre
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Temps de lecture 13 min
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Sommaire
L’analyse de sol peut s’effectuer pour plusieurs raisons.
Pour mieux cultiver plantes et arbres, évaluer la fertilité du sol est fondamental. Ainsi le pH de la terre, son type (argileux, sableux, limoneux ou humifère) ou sa richesse en minéraux ou en galeries souterraines produites par des vers de terre constituent autant de facteurs favorables à la croissance des végétaux.
Vous saurez ainsi si votre terre nécessite des apports d’engrais et quels types de plantes s’y épanouiront le mieux, en fonction de sa nature. Ce type d’analyse s’adresse aux jardiniers amateurs, comme professionnels, aux maraîchers ou aux agriculteurs.
Analyser un sol permet aussi de détecter certaines problématiques qui ne sont pas forcément visibles à l’oeil nul :
Pour bénéficier d’un sol en bonne santé sur le long terme, analysez votre sol pour connaître ses spécificités et ses besoins. En lui offrant les bons apports en nutriments, en y plantant les essences d’arbres ou de plantes appropriées ainsi qu’en le travaillant de la bonne manière, vous conserverez votre jardin ou votre pelouse en parfait état avec un écosystème harmonieux.
Sans même avoir besoin d’outils, l’observation visuelle du sol peut déjà donner un bon aperçu. Par exemple, des plantes jaunies ou rabougries ainsi que des portions sur lesquelles rien ne pousse peuvent trahir la présence de polluants dans le sol, comme les métaux lourds.
Pour évaluer la texture de la terre, une analyse granulométrique s’impose. En prélevant une portion du sol et en le mettant dans l’eau d’un bocal, vous réalisez un test de sédimentation. Si les grains sont très petits, inférieurs à 2 µm, vous êtes en présence d’un sol argileux. Entre 2 µm et 50 µm d’un sol limoneux et entre 50 µm et 2 000 µm d’un terrain sableux.
Enfin, l’odeur de la terre constitue aussi un indicateur. Une terre qui exhale une odeur de sous-bois est en bonne santé. En revanche, s’il y a une odeur de pourrissement cela peut être le signe de la présence, en trop grand nombre, de moisissures ou de champignons.
Si vous souhaitez pousser l’analyse du sol plus avant, vous pouvez acquérir un kit de tests chimiques. Ainsi, la plupart des jardineries commercialisent des tests de pH avec des bandelettes ou des appareils plus sophistiqués, tels que les testeurs de sol. Pour une vingtaine d’euros vous aurez des données sur le pH, la lumière ou le niveau d’humidité de la terre. D’autres kits permettent de mesurer les niveaux en nutriments du sol : azote, phosphore, potassium…
Ces solutions sont toutefois assez superficielles, d’autant que, par exemple, les testeurs de sol n’effectuent leur analyse qu’à quelques centimètres de la surface.
L’analyse en laboratoire constitue la solution la plus complète pour analyser votre sol en profondeur. Vous bénéficiez ainsi d’une analyse agronomique détaillée : texture, granulométrie, statut acido-basique (pH), état organique et biologique, équilibre chimique, richesse en oligo-éléments…
Dans ce cadre deux solutions s’offrent à vous :
Pour une analyse physico-chimique performante du sol, trois grands facteurs sont indispensables.
Type d’analyse |
Eléments recherchés |
Indicateurs d’un sol en bonne santé |
PH du sol |
Niveau d’acidité du sol : s’il est inférieur à 5 ou 5,5 il est acide |
Idéalement au-dessus de 6,5. En-dessous on considère que le sol a besoin d’un redressement, en général par apport de chaux |
Granulométrie |
Taille des grains du sol pour définir s’il est sableux, limoneux ou argileux. Pour cela, on utilise le triangle des textures : un sol pouvant posséder une nature unique ou multiple (sablo-limoneux, argilo-sableux…) |
Aucun type de sol n’est préférable, chacun ayant ses avantages et ses inconvénients. Ainsi, un sol argileux est sensible aux mouvements de terrain mais il retient bien l’humidité et les minéraux. Un sol sableux est facile à travailler mais retient peu l’eau et les éléments nutritifs |
Biologique |
L’analyse biologique évalue notamment la présence de matière organique, son taux, la profondeur et l’aspect des racines ou l’activité biologique du sol (présence de micro-organismes, de vers de terre…) |
Un sol en bonne santé dispose de nombreux micro-organismes, d’une matière organique abondante ainsi que d’un système racinaire dense qui s’enfonce profondément dans la terre |
Sans avoir recours à un professionnel, vous pouvez tester la terre par vous-même avec quelques outils.
Une bêche vous sera utile pour prélever la terre de votre sol. Prévoyez aussi un récipient pour la stocker ainsi qu’un bocal avec de l’eau pour le test de sédimentation. Enfin, faites aussi l’acquisition de testeurs disponibles dans le commerce, tel qu’un test de pH ou un kit de test qui combine plusieurs éléments : pH, humidité, température du sol…
Pour disposer d’un échantillon représentatif de votre sol, prélevez la terre à plusieurs endroits : dans votre potager, sous un arbre, en plein champ, près de votre compost… Effectuez cette mission dans des conditions appropriées. Evitez les périodes de gelées, de sécheresse ou d’inondation. Une terre trop dure ou gorgée d’eau ne donnera pas des résultats représentatifs de la réalité.
Pour obtenir un échantillon exploitable, ôtez-en les feuilles, feuilles en décomposition, branches, brindilles et autres cailloux. En revanche, laissez les petites racines et micro-organismes naturellement présents. Placez l’échantillon dans un sachet qui se ferme hermétiquement, type sac de congélation avec zip.
Vient ensuite le temps de réaliser les tests pour votre analyse de sol. Pour le pH utilisez des bandelettes ou un testeur de sol. Pour l’analyse granulométrique, effectuez un test de sédimentation qui mettra en évidence la nature de votre sol : argileux, limoneux, sableux ou humifère. Enfin, certains kits de tests permettent de mettre en évidence la présence de composés chimiques favorables à la croissance des végétaux, comme le phosphore, l’azote ou le potassium. Ce sont les trois éléments majeurs du sol : s’ils sont en trop faible quantité, vos plantes risquent de ne pas se développer pleinement.
Une bonne terre affiche des caractéristiques précises, notamment au niveau de l’odeur, de la couleur, de la circulation de l’eau ou encore de la présence de vie organique : vers de terre et mycorhizes.
Une terre dotée d’une structure grumeleuse est riche en humus, bien aérée et riche en racines. Pour le savoir il vous suffit de prendre une motte de terre, prélevée à la bêche, dans vos mains et d’essayer de l’émietter. C’est un test simple, qui ne nécessite aucun outil.
Lorsque vous prélevez la terre, si une bonne odeur de sous-bois vient à vos narines c’est bon signe. Ces senteurs sont produites par la présence d’humus, de mousse, de micro-organisme, de branches, de feuilles ou de brindilles en décomposition. On la sent souvent dans les bois au pied des arbres. C’est le signe d’une terre riche et fertile.
La présence de galeries dans la terre constitue un signe de vie des vers de terre. On peut aussi observer des turricules qui sont les rejets des vers de terre anéciques ou des vers marins. Ces structures ont un rôle majeur puisqu’elles favorisent la croissance des plantes et aèrent la terre. Elles contiennent à la fois de l’azote, du phosphore, de la potasse, du magnésium et du calcium.
Les mycorhizes sont une alliance entre les champignons et les racines des plantes. Il s’agit d’une symbiose qui favorise le développement des végétaux. Certaines plantes disposent d’un potentiel de mycorhization plus important que d’autres. C’est, par exemple, le cas des graminées comme le maïs, des pois et des haricots ou encore des poireaux et des oignons.
Une terre qui retient efficacement l’eau offre une hydratation suffisante aux végétaux. Il faut toutefois que l’écoulement soit performant pour éviter les engorgements et les stagnations d’eau. Tous les sols ne réagissent pas de la même manière face à l’apport d’eau :
Un sol de couleur sombre traduit un drainage de l’eau efficient, des nutriments et de l’air efficace. Un sol noir est composé d’une grande densité de matières organiques: l’humus souvent recouvert d’une couche de feuilles en décomposition, notamment à l’automne. Une terre jaune est le signe d’une forte teneur en fer oxydé. La présence de taches de rouille constitue le signe d’une eau stagnante et/ou de métaux lourds.
Un pH équilibré est idéal pour la bonne santé de la terre et la croissance des végétaux. Il se situe entre 6 et 7. Il existe plusieurs méthodes pour le déterminer : du papier pH qui change de couleur en fonction de la nature du sol ou un pH mètre plus précis qui fonctionne avec une électrode. L’analyse en laboratoire est le processus le plus fiable. Sachant que le pH varie en fonction des saisons. Par exemple, en hiver le pH est plus élevé car l’activité biologique est au ralenti et l’acidification est faible.
Si vous jardinez ou disposez d’un potager, analyser votre sol est indispensable. En premier lieu, pour savoir si le fait de cultiver votre jardin et d’en consommer les fruits constitue un risque ou non. En effet, certains polluants comme les PFAS sont persistants et contaminent les végétaux et l’eau.
Autre intérêt ? Connaître la nature de votre sol et savoir si apports d’engrais, amendements ou autres actions rectificatives, comme l’ajout de chaux dans un sol trop acide, sont nécessaires. La connaissance de votre type de sol - argileux, limoneux, sableux ou humifère - va orienter la nature des plantes les plus adaptées. Ainsi, si vous disposez d’un sol sableux, les légumes racines (carottes, betteraves, pommes de terre…), les salades, les fraises ou le persil s’y plaisent particulièrement.
La première méthode la plus simple est de tester le pH du sol avec des bandelettes ou un pH mètre. Une analyse granulométrique est également assez aisée à effectuer à l’aide d’un prélèvement de terre et d’un bocal rempli d’eau. Vous pouvez aussi simplement observer l’échantillon de terre : son odeur, sa couleur, la présence de vers de terre, d’humus, de racines… Il existe aussi des kits spécifiques, comme celui de Pouryère, pour faire analyser la qualité agronomique du sol en laboratoire.
Une analyse est pertinente lorsque vous emménagez sur un nouveau terrain. Ou que vous débutez un potager. Cela peut aussi être utile après un apport d’engrais pour vérifier l’efficacité de l’amendement. Ensuite, en fonctionnement normal, une analyse tous les 5 ans est suffisante, à part en cas de pollution avérée ou d’accident comme une forte inondation ou un glissement de terrain.
Si vous avez recours à un laboratoire, c’est le technicien qui va interpréter pour vous les résultats de l’analyse. Vous aurez les valeurs normales et les valeurs de votre sol pour une lecture facilitée. Certains fournisseurs de services, comme Pouryère, ajoutent aussi des conseils d’amélioration de votre terre à leurs analyses. Vous saurez ainsi quels apports et corrections effectuer pour un potager ou un jardin en meilleure santé.
Une fois les résultats de l’analyse de sol connues, certaines adaptations seront peut-être nécessaires. S’il s’avère que la matière organique est trop faible, l’apport d’engrais sera sans doute nécessaire. Il existe des pratiques naturelles pour renforcer les végétaux, comme le compost, les algues, les cendre de bois ou les engrais verts comme la luzerne, le seigle (apport en azote) ou la moutarde blanche (riche en phosphore).
Une terre trop acide nécessite un apport de chaux, appelé chaulage. Certains sols ont seulement besoin de repos sans semis pendant plusieurs mois ou années, le temps de se régénérer.
Après des modifications de votre terre, un suivi est utile. Effectuez à nouveau une analyse quelques mois après les amendements ou la mise au repos du sol. Vous saurez ainsi si les correctifs ont porté leurs fruits ou si vous devez accentuer vos efforts.
Oui vous pouvez analyser votre sol vous-même. Il existe des kits de mesure du pH ainsi que des tests chimiques simples pour évaluer la teneur en nutriments. Pour connaître la nature de votre sol (argileux, limoneux, sableux…), faites un test de sédimentation avec un peu de terre dans un bocal rempli d’eau.
Choisissez une période à laquelle la terre n’est ni gelée, ni rendue dure par la sécheresse, ni gorgée d’eau. L’automne constitue la période à privilégier avec un sol encore chaud et vous aurez le temps d’apporter engrais et amendements avant les premiers semis printaniers.
Oui analyser son sol est aussi utile pour un petit potager. Ne serait-ce que pour vous assurer que les végétaux que vous allez consommer sont sains grâce à une terre non polluée. Et pour savoir quels types de plantes sont les plus adaptés à la nature de votre terre.
Comptez quelques centaines d’euros pour une analyse agronomique complète en laboratoire, voire plutôt entre 700 et 1 000 euros environ si vous confiez le prélèvement à un technicien qui se rend sur place. Il existe des kits de prélèvement avec analyse en laboratoire bien moins onéreux. Pour 200 euros environ, vous prélevez vous-même les échantillons mais profitez d’une analyse poussée et d’une interprétation des résultats en laboratoire.
Pouryère vous accompagne tout au long du processus de votre analyse de sol. Nos kits de prélèvement sont associés à un guide complet pour vous orienter dans cette action. Une fois cette mission effectuée vous n’avez plus qu’à nous envoyer vos échantillons pour analyse et interprétation complète sous dix jours environ.
Chaque kit d’analyse de sol est spécialisé et poursuit un but précis :