Pollution des sols à Bordeaux et en Nouvelle-Aquitaine : vignoble, industrie et reconversion
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Sommaire
Entre son vignoble mondialement connu, son activité pétrochimique historique et sa dynamique de reconversion urbaine, la région bordelaise présente un profil de pollution des sols varié que beaucoup de propriétaires et d'acquéreurs méconnaissent. Voici ce qu'il faut savoir avant d'acheter, construire ou cultiver à Bordeaux et en Nouvelle-Aquitaine.
La Nouvelle-Aquitaine est l'une des plus grandes régions françaises, et son profil de pollution des sols reflète cette diversité. Moins industrialisée que le Grand Est ou les Hauts-de-France, elle présente une proportion plus limitée de sites pollués dans les bases de données nationales — mais cela ne signifie pas l'absence de risques : une région moins représentée dans les statistiques nationales n'exclut pas la présence de pollutions locales, souvent liées à des usages industriels ou agricoles spécifiques. Pour une vue d'ensemble nationale, consultez notre carte de la pollution des sols en France.
Bordeaux et ses proches communes ont accueilli, notamment sur la rive droite de la Garonne (plaine rive droite, secteur de Bassens), des activités industrielles et pétrochimiques significatives. Ces zones, historiquement industrielles, font aujourd'hui l'objet d'une reconversion progressive, avec des projets résidentiels qui impliquent une vigilance accrue sur la qualité des sols. Les polluants les plus fréquemment rencontrés dans ce contexte urbain et péri-industriel sont typiquement les hydrocarbures (liquéfis, huiles, carburants), les métaux lourds et les solvants liés aux activités de traitement de surface. La métropole bordelaise partage en cela des problématiques comparables à celles de l'Île-de-France ou de Toulouse : des zones en pleine mutation, où l'histoire industrielle des sols ne toujours pas évis avec l'essor résidentiel.
C'est sans doute l'angle le moins souvent évoqué, mais bien réel : les terres viticoles de la région bordelaise portent l'empreinte de plusieurs siècles de traitements phytosanitaires. Le cuivre, utilisé massivement pendant des décennies sous forme de bouillie bordelaise (sulfate de cuivre) pour lutter contre le mildiou, s'accumule dans les sols viticoles et ne se dégrade pas — c'est un métal qui résiste très longtemps dans l'environnement. Des études ont documenté des teneurs en cuivre élevées dans de nombreux sols du vignoble bordelais, bien au-delà des niveaux d'un sol agricole ordinaire. Ce polluant peut s'avérer problématique pour les cultures suivant une vigne, notamment un potager sur une ancienne parcelle viticole.
Au-delà du cuivre, les vignéables conventionnels ont également utilisé un large éventail de fongicides, herbicides et insecticides dont les résidus peuvent être détectables longtemps après l'arrachage des vignes. Si vous transformez un ancien terrain viticole en potager, notre article sur les pesticides dans le sol vous apporte les éléments de contexte nécessaires.
Les zones rurales et forestiers de Nouvelle-Aquitaine (Dordogne, Créuse, Correze) présentent généralement un profil de pollution industrielle beaucoup plus limité. Le risque dominant y est davantage agricole (résidus de pesticides sur d'anciennes terres cultivées) que lié à des activités industrielles. C'est dans ce contexte que l'analyse préalable d'un sol prend tout son sens : un terrain rural en apparence « naturel » peut avoir été cultivé de manière intensive par le passé.
Selon votre situation géographique et votre contexte :
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Le cuivre s'accumule dans les sols viticoles ayant reçu des traitements répétés à la bouillie bordelaise, mais les niveaux varient selon la durée et l'intensité des traitements. Seule une analyse permet de connaître la situation de votre parcelle spécifique.
Comme dans la plupart des grandes métropoles françaises, les sols de Bordeaux peuvent présenter des traces de plomb héritées de l'essence au plomb, de peintures anciennes ou d'activités artisanales historiques. Ce point est particulièrement pertinent dans les vieux quartiers et les espaces verts urbains anciens.
La rive droite de la Garonne, notamment le secteur de Bassens et les zones péri-portuaires, concentre histori-quement plus d'activités industrielles que la rive gauche. C'est un contexte qui justifie une vigilance accrue en cas de projet immobilier ou de jardinage dans ce secteur.
Pas sans analyse préalable. Le contexte viticole implique des niveaux de cuivre potentiellement élevés et des résidus de pesticides qui méritent d'être vérifiés avant toute mise en culture alimentaire.
Bordeaux et la Nouvelle-Aquitaine présentent un profil de pollution des sols spécifique, dominé à la fois par les zones industrielles en reconversion de la métropole bordelaise et par l'héritage viticole d'une région qui produit certains des vins les plus connus au monde. Dans les deux cas, une analyse de sol préalable reste le meilleur moyen de connaître précisément la situation de votre terrain.
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