PCB (polychlorobiphényles) dans le sol : sources, risques et comment savoir si votre terrain est concerné
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Sommaire
Moins connus du grand public que les métaux lourds ou les hydrocarbures, les PCB (polychlorobiphényles) n'en restent pas moins l'une des familles de polluants les plus préoccupantes identifiées dans les sols français — au point d'être officiellement classés cancérogènes avérés pour l'homme. Voici ce qu'il faut savoir sur ces « pyralènes », d'où ils viennent, et comment savoir si votre terrain est concerné.
Les polychlorobiphényles (PCB), aussi connus en France sous le nom commercial de pyralènes, sont des composés aromatiques chlorés de synthèse, regroupant en réalité une famille de 209 molécules différentes appelées congénères. Ils ont été massivement utilisés par l'industrie à partir des années 1930 pour leurs propriétés isolantes (transformateurs électriques, condensateurs) et leur remarquable stabilité chimique et thermique (encres, peintures, certains matériaux de construction).
Comme les PFAS, les PCB appartiennent à la catégorie des polluants organiques persistants : ils se désagrègent très peu dans l'environnement et s'accumulent durablement, en particulier dans les sols et les sédiments. Leur demi-vie dans l'environnement varie de 94 jours à plusieurs années selon le congénère considéré et les conditions du milieu.
En 2013, sur la base d'indications suffisantes de cancérogénicité chez l'homme et chez l'animal, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé l'ensemble des PCB comme cancérogènes certains pour l'homme (groupe 1) — la même catégorie que l'amiante ou le tabac. C'est l'une des raisons pour lesquelles leur production et leur utilisation sont interdites en France depuis un décret du 2 février 1987.
Malgré l'interdiction datant de 1987, plusieurs sources continuent d'expliquer leur présence résiduelle dans certains terrains :
Les PCB peuvent également parcourir de très longues distances par transport atmosphérique, ce qui explique leur détection jusque dans des zones très éloignées de tout site industriel.
Un point important à comprendre : l'alimentation constitue la principale voie d'exposition aux PCB pour l'homme (environ 90 % de l'exposition totale), via les produits d'origine animale — poissons, viande, œufs, produits laitiers. Mais cette contamination alimentaire prend elle-même sa source dans l'environnement : un sol pollué aux PCB peut contaminer les cultures foragières, puis les animaux qui s'en nourrissent, remontant ainsi toute la chaîne alimentaire. C'est pourquoi la présence de PCB dans un sol destiné à un usage agricole ou d'élevage mérite une vigilance particulière, même en l'absence de risque direct par contact.
Les PCB font partie des paramètres systématiquement analysés dans le cadre de la caractérisation des terres excavées destinées à une installation de stockage de déchets inertes (ISDI). Étant, comme les HCT et les HAP, des composés pouvant présenter un risque à long terme même s'ils ne sont pas immédiatement solubles dans l'eau, ils sont analysés à la fois sur le contenu total du déchet et sur l'éluat obtenu après test de lixiviation — voir notre guide complet des seuils ISDI. Notre ISDIKIT inclut d'ailleurs les PCB dans son panel d'analyse pour les chantiers de terrassement.
Comme pour la plupart des polluants organiques persistants, il n'existe aucun signe visuel ou olfactif permettant de détecter la présence de PCB dans un sol — voir notre article sur les symptômes d'un sol pollué. Certains éléments de contexte doivent néanmoins vous inciter à la prudence :
Non, leur production et leur utilisation sont interdites depuis 1987. La pollution actuelle des sols provient exclusivement d'un usage historique antérieur à cette date, ou de stocks résiduels tolérés jusqu'en 2010 pour certains usages spécifiques.
Les deux sont des polluants organiques persistants qui ne se dégradent quasiment pas dans l'environnement, mais leur origine chimique et leurs usages diffèrent totalement : les PCB étaient utilisés pour l'isolation électrique, les PFAS pour leurs propriétés antiadhésives et impermeabilisantes. Voir notre article comparatif sur les polluants.
C'est moins fréquent qu'à proximité directe d'anciens sites industriels, mais possible en cas de transport atmosphérique sur de longues distances ou de proximité avec un ancien équipement électrique contaminé.
Les PCB sont des polluants organiques persistants, classés cancérogènes avérés depuis 2013, dont l'usage industriel historique (transformateurs, peintures) continue d'expliquer leur présence résiduelle dans certains sols français malgré leur interdiction depuis 1987. Un terrain à proximité d'anciennes installations électriques ou industrielles mérite une vigilance particulière, en particulier pour un usage agricole.
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